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La Guinée se remet au travail, mais la crise est-elle réglée?
Reuters 27.02.07 | 16h38

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Par Saliou Samb

CONAKRY (Reuters) - Les commerces ont retrouvé leurs files d'attente et les rues leurs embouteillages habituels mardi à Conakry à l'issue d'une crise politico-sociale de près de sept semaines, émaillée de violences qui ont coûté la vie à 120 Guinéens.

La veille au soir, le président Lansana Conté, dont les syndicats contestent l'aptitude à régner après 23 ans d'exercice solitaire du pouvoir, avait désigné sous leur pression un Premier ministre consensuel en la personne du diplomate chevronné Lansa Kouyaté.

Sékou Cissé, un agent de voyage de la capitale, se dit "soulagé et content" que le vieux chef de l'Etat ait choisi cet ancien représentant de son pays à l'Onu parmi la liste des personnalités qui lui étaient soumises par les syndicats.

"Les gens espèrent qu'il sera capable de faire du bon travail", note un diplomate étranger en faisant état d'une certaine euphorie dans les rues de Conakry au lendemain de cette nomination.

"Mais ce qui est important, c'est de voir s'il aura la liberté de nommer une brochette de ministres complètement nouveaux. Dans le cas contraire, je ne suis pas sûr que la grève aura abouti à quoi que ce soit. Les gens veulent du changement", explique-t-il.

Près de sept semaines d'arrêts et reprises du travail ont considérablement perturbé l'économie du premier pays producteur mondial de bauxite, déjà plombée par un taux d'inflation élevé et un agitation sociale chronique.

"SE DEBARRASSER DE TOUS LES MINISTRES"

Lundi, dans le centre de la capitale, les agences bancaires étaient débordées de clients cherchant à retirer de l'argent, ce qu'ils n'ont pu faire depuis des semaines, et les rues étaient envahies par la foule.

"Les Guinéens ont combattu et le président a répondu. J'espère maintenant que chacun de nous va travailler pour l'avenir", confie un avocat de la capitale, Mamadouba Sanoussy amara.

Dans certains quartiers de la ville, les stigmates des violences restent visibles. Dans le faubourg de Kipé, des carcasses calcinées de voitures gisent encore devant un commissariat de police incendié durant les émeutes.

Les hôpitaux traitent encore les blessés atteints par les balles des forces de sécurité durant l'état de siège qui a prévalu durant une dizaine de jours à la mi-février.

Ex-secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, principale organisation régionale, Kouyaté est perçu comme épargné par la corruption qui ronge de longue date l'ancienne colonie française.

Les milieux diplomatiques attendent de ce gestionnaire politique "très expérimenté" qu'il mette sur pied une équipe à son image, exempte a priori de tout soupçon de malversations.

"Il y a certains ministres qu'il lui sera impossible de conserver. En fait, il devra se débarrasser de l'ensemble d'entre eux", résume un diplomate.